Le dimanche, 1er décembre, fut la date de sortie de مقبرة الفراشات de Samy Mokaddem. Généralement, on ne change pas une équipe qui gagne, mais après trois romans rédigés en français, nous voilà face à un livre, du même auteur, écrit en arabe.
Ceci est en soi une entreprise audacieuse que j'applaudis vivement.
Revenons à moutons. Hier, je m'étais dit que j'allais m'aventurer à tâtons pour découvrir ce petit bijou, pensant ne pas dépasser une vingtaine de pages. Deux heures plus tard (yes, I'm a slow reader), je tourne la dernière page, envoûtée.
Let the record show que je ne suis pas trop fan du réalisme magique (Marquèz et Murakami inclus (je pèse mes mots)). N'empêche qu'à chaque fois que je me retrouve face à un récit de ce genre, je me réimagine, enfant, assise face à un conteur comme on en parlait dans les villages perdus, subjuguée, soumise au charme des mots qui se faufilaient pour me retrouver ainsi dit, magiquement. Samy fut pour moi ce conteur. J'imaginais la musicalité d'une voix qui me venait de loin, des tournures sombres du texte accompagnées d'un haussement d'un sourcil et d'un regard espiègle.
Parlons style: On navigue entre deux mondes (parallèles?). À l'image de "Kafka sur le Rivage" de Murakami, l'auteur nous mène avec une aisance fluide d'une dimension à l'autre.
Avec ce type de narration, on se crée plus d'impedimentum, certes, mais la délectation finale et oh-plus-savoureuse!
Il fut ainsi.
Des pages regorgeant de références aussi bien musicales que littéraires, on est transportés de bout en bout, bien escortés إلى حتفنا المشتهى.
Par peur de vous spoiler l'histoire, je m'arrête ici, et remercie par la présente Samy pour cette échappatoire, une vraie évasion du continuum espace-temps.