Que dire de ce livre? Des pages regorgeant de Nausée, d'Existence, de Mal-de-vivre. Loved it.
Il s'agit là du journal intime d'Antoine Roquentin. En parcourant ces pages, on touche au fond de sa pensée; une pensée "de trop". On la découvre au même temps que le personnage en question, on est en suspens, à la quête d'une Réponse. On sent la Nausée, on la vit, on la voit, elle nous laisse un arrière goût amer dans la bouche, elle nous pèse lourd. Ce n'est que vers la fin du livre qu'on arrive à la comprendre pour enfin l'accepter et l'accueillir à bras grands ouverts.
Sartre méprise les conventions sociales, l'hypocrisie cravatée, les humanistes qui se mentent à eux mêmes. Il est dégoûté, à l'image de son personnage principal, par les étiquettes et les normes sociétaires. C'est ce même dégoût qui l'enfonce dans la vie dont il cherche à s'en échapper.
La redondance de quelques parties ne fait que miroiter les processus idéiques de l'être humain: On est prisonniers de nos propres pensées, de ce cercle vicieux qu'est notre existence.
La Nausée s'accroche à la crise existentielle dont chaque individu (à un moment ou à un autre /d'intensité variable) fait l'expérience, et ce, jusqu'au moindre détail. Les cinq sens de Roquentin sont en alerte, guettant chaque événement, aussi minime soit-il.
Ce livre dérange. Ces mots troublent, assomment, assaillent l'esprit du lecteur. On est confrontés au dilemme de notre propre existence; amenés à faire face à la platitude de notre quotidien vain et morose; elle est là, l'existence, à nous fixer du regard, indifférente. Mais elle est là.
On existe, il s'agit là d'une évidence; mais la profonde réalisation de ce fait (et de tout ce qu'il sous-entend) nous renvoie à l'absurdité de celle-ci.
"Some of these days
You'll miss me, honey ..." (playing softly in the back-ground)