Ça fait un bon bout de temps que ce livre est rangé dans ma petite bibliothèque. J'attendais ce moment magique où l'on se sent interpelé, comme par une Force indescriptible, à libérer le bouquin de sa fine couche poussiéreuse et d'enfin plonger dans le monde qu'il a à nous offrir.
Un mois de ça, le déclic fut. J'ai entamé la lecture d'une centaine de pages quand j'ai enfin réalisé que je n'avais pas assez d'hormones en rage pour me pousser à continuer (je n'ai rien contre les textes à l'eau de rose, mais quand j'ai eu l'impression que la même image se réinvente sous mes yeux, j'ai laissé tombé). Une promesse silencieuse suspendue dans l'espace me séparait de ces pages: I'll be back, when the time is right.
Il y a quelques jours, j'ai vu plusieurs reviews de "La cité écarlate" parlant de "plot twist". Ha! L'étincelle rejaillit. (Curiosity killed the cat, they say? Well it sure did me good in this case). En reprenant la lecture, je commençais à voir le récit sous un autre angle, l'intrigue étant "au coin de la rue". À partir de la deuxième moitié du livre, on ne s'efforce plus à tourner la page, l'écriture est fluide et les histoires acquièrent une certaine profondeur.
Sami Mokaddem est un écrivain doté d'une sensibilité profonde, d'une plume raffinée et d'un talent admirable. On a comme l'impression que ses écrits sont sa manière à lui de panser les blessures.
Mention spéciale: "Parce que lorsque je vois les constellations briller dans le firmament, je sais que, quelque part, une apprentie-fée continue à le parsemer d'étoiles en marchant, pieds nus, dans un immense champ de maïs." Pour une raison qui m'est inconnue, cette phrase a suscité en moi une tendresse inouïe. Elle me rappelle "Le Petit Prince" (l'un de mes livres préférés de tous les temps), c'est peut être pour ça..
Enfin bref, l'auteur n'a certainement pas de place dans la liste du mouvement "sauvez un arbre, abattez un écrivain"!
#اقرا_تونسي