Mitigée… j’avais peut-être placé la barre trop haut pour Despentes. Non seulement j’ai trouvé aberrant cette apologie du porno et de la prostitution, car il semble qu’à ces sujets tout ce qu’elle avait à dire c’est qu’ils ne sont pas intrinsèquement dégradants. Je trouve au contraire que le porno tel qu’il est aujourd’hui est dégradant et qu’il promeut des standards de beauté difficilement atteints. Je ne serais pas contre un porno éthique mais j’ignore à quoi cela ressemblerait. Quant à la prostitution, Despentes se réfère à son expérience personnelle, étant donné qu’elle a pratiqué le « sexe tarifié » pendant deux ans et qu’elle en garde de bons souvenirs. À ne pas confondre donc avec une vérité absolue car il ne faut prendre son cas pour une généralité.
Ce que j’ai apprécié, c’est sa franchise, son langage cru, son côté « in your face » car Despentes n’a pas peur de dire ce qu’elle pense. (« Vouloir être un homme? Je suis mieux que ça. » Ça fait quand même guerre des sexes, mais bon.) Elle fait un constat intéressant: la subordination des femmes est intimement liée à celle des hommes. Les corps des hommes appartiennent à l’Etat, ceux des femmes appartiennent aux hommes. Cet état des faits profite à une poignée d’individus, et sous le capitalisme ni les hommes ni les femmes ne seront jamais tout à fait libres.
En somme King Kong Théorie est un livre intéressant. Cependant, le postulat selon lequel le porno et la prostitution seraient des moyens de libération féminine est assez réducteur et méritait d’être nuancé.