Entre Didi et Gogo, Lucky et Pozzo, je me retrouve, ahurie.
Comme une évidence, et depuis la première ligne, on attend Godot.
Que faisons-nous ici, voilà ce qu'il faut se demander. Nous avons la chance de le savoir. Oui, dans cette immense confusion, une seule chose est claire: nous attendons que Godot vienne.
Godot, cet "être" mystérieux, emblématique et, surtout, absent.
Rattachés aux chaussures d'Estragon, aux chapeaux melons de Vladimir, on est perdus entre les lignes. Des lignes chargés en sens politique, existentiel, et sur d'autres plans qui m'échappent certainement.
Vladimir: [...] Qu'est ce que tu as?
Estragon: Je suis malheureux.
Vladimir: Sans blague! Depuis quand?
Estragon: J'avais oublié.
Vladimir: La mémoire nous joue de ces tours.
Par moments, je riais, tant l'absurdité est frappante.
On attend, on trouve de quoi nous préoccuper, on attend encore plus, on vit, on fait semblant de vivre, on rit, on pleure, et on refait le tout, indéfiniment.
Quoique j'écrive ici, je ne pourrais transmettre combien je fus touchée par cette pièce. Voilà.
Dans un instant, tout se dissipera, nous serons à nouveau seuls, au milieu des solitudes.